Deux Ans: Partie 4 – De l’Activiste au Golpista

Deux ans – Teaser du Documentaire – Partie 4.

C’est après cette expérience que je me décidai de planifier une action radicale contre le congrès, une action qui prendrait plusieurs années à planifier, mais une action qui non seulement aurait peu de chance d’échec mais qui permettrait de déclencher la révolution tant attendu en Espagne.

Après le 25A j’avais bien compris qu’une révolution ne viendrait pas d’un mouvement social ni d’une manifestation, même si la finalité de celle-ci était un assaut frontal sur le pouvoir qui séquestre la démocratie.
Cette action fut accueilli par les révolutionnaires de Madrid comme un nouvel espoir, la solution à un problème dont personne ne voyait d’issue concrète, une porte venait d’être trouvé, il ne rester plus qu’a fabriqué le bélier social qui allait l’enfoncer.

Parti de plusieurs constatations, ce plan répondait aux besoins suivant :

–          Plan détaillé, organisé, avec des objectifs réalisables
–          Utilisation de moyens de défense, prise du congrès sans armes.
–          Défaite des forces de l’ordre sur le champ de bataille, sans utilisation de la violence
–          Démission du gouvernement comme prévu par la constitution si le congrès est occupé plus de 14 jours
–          Pas de prise de pouvoir mais imposition de referendum menant à une transition pour la démocratie directe

safari1Un modèle de révolution adapté à l’idéologie des mouvements sociaux, résistance mais non-violence. Lorsque j’aurais un peu plus de temps, je mettrai en ligne tout ce travail.

Je me lançai donc dans l’écriture et la création d’une documentation qui s’appelait SAFARI, un tutoriel de comment planifié, organisé et coordonner un coup d’état. J’allais passer plusieurs semaines a étudier toutes les vidéos de nos manifestations, les déploiements, positions, effectifs, tactiques, stratégies et équipement des CRS. Le résultat fut un véritable mode d’emploi, un guide pratique pour une révolution pacifique, je présentai l’idée et le projet, ainsi que la finalité de l’action (Un set de referendum imposé au gouvernement étant la finalité du projet, et nous la prise de pouvoir) aux personnes de confiance que j’avais connu ces derniers mois dans les mouvements, approuvé a l’unanimité le projet était non seulement viable, mais également concret et réalisable, il suscitât autant de peur que d’espoir, tout reposait sur la confiance et la question qui revenait souvent fut, qui était donc ce Français qui organisait un coup d’état en Espagne, était-il digne de confiance ? D’où lui venaient ces connaissances et cette préparation qualifiable de militaire ? Ce fut long, très long pour gagner la confiance de centaines de nouvelles personnes, heureusement, j’avais une réputation de personne de confiance qui me précédait grâce à mon implication depuis quelques mois dans les mouvements Madrilène.

Le plan était en deux parties, une action centrale sur la capitale avec la prise du congrès des députés et des actions décentralisées dans toutes les grandes villes du pays avec le blocage de routes, chemins de fer et aéroports.

Je voyageais donc de ville en ville, de collectifs en collectifs, tout en établissant un QG dans la réserve naturelle de la forêt de Guadarrama la ou j’allais passer les 6 prochains mois, ne sortant de ma montagne que pour les assemblées et actions du 25S.
Les premiers jours furent difficile a cause du froid et de mon manque de matériel, petit a petit j’allais m’équiper et transformer ce bivouac en camp de luxe.
Douche solaire, potager, cuisine, tente, hamac et l’investissement dans un panneau solaire et un ordinateur Portable, a cet époque bien que je ne me servait quasiment pas d’argent, recyclant ma nourriture dans les poubelles d’un supermarché situé a une dizaine de km, j’avais droit a mon indemnité de chomage en Espagne.

debut montagne
Tous les dimanches nous avions des réunions concernant l’avancement du projet, des ateliers de fabrication de boucliers, formation des coordinateur d’équipes, mise à jour de notre système de clé USB encryptées permettant de faire voyager l’information physiquement d’une manière sure, répartition des cartes SD permettant de décrypter le décryptage des clés USB.

montagne 2
Le modèle adopte était simple mais redoutablement efficace, deux personnes de confiance dans chaque ville, une détenant toutes les informations du projet sur une clé USB encrypté, seul le détenteur de la clé USB connaissait la clé de décryptage.
Cependant cette clé USB était totalement inutile sans la clé physique qui permettait de décrypter les fichiers, une carte SD contenant des fichiers de déverrouillage ayant pour fonction de permettre la de-encryption de la clé USB. Mon expérience d’informaticien me servait autant que celle de militaire.

Le système était au point est protège de lui-même, une personne sans la carte SD ne pouvait rien faire, une personne avec la Carte SD et la clé USB, sans connaitre la clé de décryptage et les fichiers utilisés comme clé de déverrouillage, se retrouvait dans l’impossibilité de pouvoir lire la clé USB

Le projet se construisait au fil des jours, beaucoup de nouveaux participants, jusqu’au un jour on l’on m’annonce que 250 mineurs désirent participer à l’action du congrès, étant eux meme a la recherche d’une action révolutionaire, a Madrid.

Afin de prendre le congrès, j’avais estimé que nous aurions besoin de 10 équipes de 50 personnes, ce sont donc la moitié des effectifs de cette action qui venait de nous rejoindre.
Nous avions des équipes en cours de construction à Barcelone, Saragosse, et Valence.
Je devais entreprendre un voyage en Andalousie, voyage qui au final n’aura pas eu lieu, car une personne à elle seule allait non seulement compromettre toute l’opération mais également détruire plusieurs mois de travail.
Suite à un conflit personnel avec cette personne, ayant eu le malheur de refuser ces avances, cette personne voulu pour se venger détruire une des choses qui me tenait le plus à cœur, le projet de SAFARI.

 

Cette personne y mis beaucoup de cœur à l’ouvrage, absent de Madrid a cette période, lorsque je rentrai à Madrid, les gens étaient suspicieux, de moins en moins de monde contribué au projet, j’étais soupçonné d’être un agent des services secret français, elle avait visé dans le mille, elle avait joué sur la confiance que l’on m’avait attribué grâce à mes « faits de guerre » et la sagesse qui me caractérisé dans les mouvements sociaux auxquels j’appartenais, aussi incroyable que ça puisse paraitre, dans les mouvements sociaux la paranoïa et tel que quand une personne brule une poubelle, les gens pensent que c’est un « infiltrado», un policier déguisé en casseur, alors imaginer un coup d’état…
Ce fut un coup au moral, très dur, car je savais que nous étions sur la bonne voie, et alors que je visais en nombre d’années l’achèvement de ce projet, la réaction autour de moi avait été tel que j’envisageai même de frapper le pouvoir le 25 Septembre 2013, seulement 10 mois après la naissance du projet.

SAFARI 2

Pour la première fois depuis mon changement de vie, j’avais perdu la gnac, la foi en ce que je faisais, je n’y croyais plus vraiment, je commençais à voir un sacrifice plutôt qu’une expérience de définition personnel. La frustration d’avoir son rêve a porté de main quand soudainement quelqu’un par pur plaisir de vengeance vous remets à la case départ. J’ai senti plus de rage et de colère pour cette personne que pour n’importe quel CRS, politicien ou banquier. Ce fut pour moi une opportunité de pratiquer le pardon et d’apprendre à m’entourer de personnes fiable et incorruptibles.

Cerise sur le gâteau, cette personne signala l’emplacement du camp dans le foret et c’est la police qui viendra m’y déloger et y saisir tout le matériel informatique présent durant mon absence de Madrid.
Me faire chasser dans ma réserve naturelle, ça devenait trop, une vie trop pesante, trop lourde de conséquences, trop de stress par rapport au pouvoir, que savait-il réellement du projet ? Je n’en avais aucune idée, j’avais même beaucoup de mal à croire qu’on m’avait donné…

fin madrid
Tout cela pour un résultat potentiel qui était encore à des années lumières, je m’exilai en Italie prendre du temps avec ma fille, puis en France pour passer du temps en famille, besoin d’un break. C’était fin de l’été 2013.

Viens le mois de Décembre, je suis en Italie pour passer les fêtes avec ma fille et l’on m’invité a Frankfurt pour participer au sommet du Blockupy, pendant ce temps en Espagne s’organisent un nouveau projet les marches de la dignité. Une marche qui finirait par occuper Madrid.
J’accepte l’invitation et commence à me renseigner sur l’organisation des marches, J’irais en Allemagne au moins de Janvier afin de participer au sommet et y faire l’extension internationale des marches de la dignité, dont je viens de rentrer dans l’organisation pour le thème international.
I’m Back !.

Me voilà a Frankfurt, j’assiste au sommet international puis je suis invite au sommet national de la gauche interventionniste, la gauche radical allemande, le sommet a pour but de préparer la réunion du lendemain, le sommet Blockupy national auquel je suis également convié. Je vais de très bonnes rencontres, je vois qu’en Allemagne les choses se bougent et avec une organisation typique allemande, je n’avais jamais assiste à une assemblée aussi bien organise, une assemblée ou plus de 400 collectifs étaient représentés. Incroyable discipline Allemande.

FrankfurtJe rentre en France, direction la ZAD de Notre Dames Des Landes, ou j’ai été invité par Maquis un résident de la ZAD qui a décidé de se joindre à la colonne internationale des marches de la dignité.
Durant mon séjour a la ZAD est prévu la manifestation du 22 Février a Nantes, je donne un coup de main aux préparatifs et participe a 8 heures de guérilla urbaine, certes je suis celui qui ne jettera jamais un caillou, ne donne pas un coup, mais pour protéger et résister, alors c’est première ligne.
Je refuse de me donner au jeu de la violence, Confucius a dit «  La morale et la vertu peuvent accomplir ce que la police et les lois sont incapables, leurs pouvoirs et si grand qu’il ne requière pas l’usage de la force physique » comme ont dis en Espagne, ca aurait put être dis plus fort, mais pas plus clair.
ZADFin du séjour en France, il est l’heure de partir voir ma fille et fêter son anniversaire, malheureusement je dois faire vite, les marches commencent demain. Les ZADistes me rejoindront durant la marche, une semaine avant l’entrée dans Madrid.

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